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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 10:14

Où va l’Europe ? Par Sami Naïr. Politologue, ancien député européen.

Sige_de_lEuro_et_de_la_BCE__FrancfortJe vous invite à lire cet article de Sami Naïr publié le 21 décembre dernier. Analyse qui pose des questions de fond sur l'avenir de l'Union Européenne dont Sami Naïr n'exclue pas la disparition. Question sur l'euro, son fonctionnement.Question sur l'Etat providence, sur notre modèle social, bref sur une civilisation...A lire absolument.ci-dessous

 


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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 22:10

europe.jpg




Où va l’Europe ?

par Sami Naïr
Ancien député européen, professeur à l’université Pablo de Olavide, Séville

publié : le 21 décembre 2010


Après la Grèce, l’Irlande. Après, probablement le Portugal ; après : eh bien, on ne sait pas, mais ce qui est sûr, c’est que plusieurs pays sont menacés par les marchés. L’Espagne est déjà dans leur collimateur. Mais, sauf le respect que l’on doit aux autres, l’Espagne, ce n’est pas la même chose. C’est la quatrième économie de l’Europe (12 % du PIB européen), et c’est un poids lourd de la politique européenne. L’endettement de l’Espagne est en effet trois fois supérieur à celui de la Grèce ; son déficit tourne depuis deux ans autour de 10 % du PIB ; le chômage, qui affecte toutes les tranches d’âge, se situe de fait au-dessus des 20 %. Si l’Espagne fait appel au Fonds européen de stabilité financière, cela ouvrirait également et inévitablement la voie à des actions spéculatives contre l’Italie et la France, et signifierait un tournant majeur pour l’Europe.

Le paradoxe, c’est que la stratégie européenne de sortie de la crise mondiale - dérégulation des marchés de l’emploi, déflation salariale, chômage structurel, restrictions budgétaires, privatisations massives - rend plus voraces encore les marchés, qui veulent désormais tout, et trouvent qu’on en fait jamais assez. Cette stratégie, fondamentalement récessive, provoque légitimement une montée des revendications sociales et politiques. Et elle entraîne des interrogations que les opinions publiques commencent déjà à émettre spontanément.

Joseph Stieglitz, prix Nobel d’économie, formule sans ambages cet état d’esprit : « Pour Athènes, Madrid ou Lisbonne, se posera sérieusement la question de savoir s’ils ont intérêt à poursuivre le plan d’austérité imposé par le FMI et par Bruxelles, ou, au contraire, à redevenir maîtres de leur politique monétaire » (Le Monde, 23-24 mai 2010). On n’en est pas encore là mais, si l’on ne change pas les règles du jeu, l’éclatement de la zone euro deviendra une hypothèse sérieuse.

Il est en effet clair que l’on ne pourra résoudre cette crise seulement par des mesures restrictives visant les populations les plus exposées (classes moyennes et populaires) et moins encore par des mesures techniques contraignantes comme celles soutenues par l’Allemagne et la France pour activer le fonds de sauvetage. Le président de laBundesbank allemande, Axel Weber, a laissé entendre, lors d’une récente visite à Paris, que les 750 milliards d’euros devraient être de toute façon augmentés si l’Espagne faisait appel au Fonds européen de stabilité financière.

Voilà qui n’a pas dû faire plaisir au ministre allemand des finances, Wolfgang Schaüble, qui, dans une interview au Spiegel (8 novembre 2010) avait défini en deux étapes, avec un couteau tranchant pour ceux qui ne les respecteraient pas, les lignes rouges de cette aide : durant la phase critique, prolongation de vie des crédits et, si cela ne suffit pas, les investisseurs privés devront accepter une « moins-value » de leurs prêts en échange de garanties pour le reste. Cela revient à agiter la cape rouge devant les investisseurs privés !

Ils ont immédiatement réagi en mettant à genoux l’Irlande et en encerclant le Portugal, avant de désigner la Belgique et l’Espagne. Dans combien de temps passeront-ils à l’attaque ? L’écart de confiance qu’ils accordent aux différents pays de la zone euro est déjà intenable : l’Allemagne trouve acheteurs de ses bons en moyenne à 2,7% quand l’Espagne les négocie dans le meilleur des cas autour de 5% et le Portugal à 6,7% ! Les pays endettés empruntent donc à des taux de plus en plus prohibitifs et, s’ils parviennent à gagner parfois des points, c’est seulement parce que la Banque centrale européenne (BCE) rachète des bons, ce qui ne saurait durer longtemps.

En réalité, on assiste à une véritable guerre des marchés contre les Etats. Dés le début de la crise, j’avais souligné - « La victoire des marchés financiers », El Pais, 8 mai 2010 - que les marchés allaient tester la capacité de résistance des Etats et des mouvements sociaux, et que, dans le cas d’une faiblesse avérée des Européens à définir une stratégie progressiste commune face à la crise, les investisseurs allaient pousser leur avantage en attaquant frontalement les Etats les plus fragiles. Objectifs : déréguler plus encore les marchés internes et exiger davantage de privatisations.

C’est très exactement ce qui se passe aujourd’hui ! Ce que nous avons désormais sous nos yeux, c’est une nouvelle contre-révolution sociale thatchéro- reaganienne. La question est de savoir si les sociétés européennes vont l’accepter. Or, dans ce bras de fer, le statut de l’euro est un test décisif : sera-t-il enfin mis au service de la promotion d’un modèle social soutenable ou deviendra-t-il le vecteur de la destruction des restes du Welfare-State européen ?

Le problème n’est plus économique pour l’Europe, il est désormais politique. Si les mesures techniques prises n’arrivent pas à résoudre les difficultés des pays européens, verra-t-on l’éclatement de la zone euro prévu par Stieglitz ? Et quelle forme revêtira-t-il ? Une zone euro réduite à six, sans l’Espagne ? Une zone fondée sur le découplage entre monnaie unique pour le couple franco-allemand et quelques autres et une monnaie commune pour le reste ? Un retour aux monnaies nationales ? Et dans ce cas, que deviendra le marché unique ?

Bien sûr, on entend tous les jours des responsables politiques affirmer que ces hypothèses sont impensables : mais est-on sûr qu’ils contrôlent les flux monétaires ? Ne se sont-ils pas soumis à l’unisson aux diktats de la Bourse ? Tout peut arriver.

En réalité, c’est l’avenir du projet européen qui est en jeu. Les règles de fonctionnement de l’euro prévues par le traité de Lisbonne entrent de plus en plus en contradiction flagrante avec les divergences de développement des divers pays de la zone. Aucun gouvernement n’ose apparemment remettre en cause les dogmes qui fondent le Pacte de stabilité, même si personne ne les respecte désormais. Or, si l’on veut sauver l’euro, il faut flexibiliser ces règles. Et peut-être même les changer. 

Il est vital de mettre en place une coordination forte des politiques économiques européennes, même si l’Allemagne, tutrice de la Banque centrale, ne veut pas entendre parler d’un « gouvernement économique ». Là est le cœur de la bataille pour la survie de la zone euro, et non dans les seules mesures coercitives prévues par l’accord adopté le 28 octobre à Bruxelles.

Pour relancer l’Europe, cette coordination devra affronter au moins quatre grands chantiers :

  1. une protection de l’espace monétaire européen en régulant effectivement, comme cela à d’ailleurs été prévu par la réunion de l’UE le 18 mai 2010, les Fonds d’’investissement alternatifs et surtout les instruments ultraspéculatifs (hedge funds, private equity, CDS). Cela suppose une explication sérieuse avec Londres pour mettre fin à la politique déstabilisatrice de la City, principale place spéculative mondiale ;
  2. une mutualisation des dettes publiques européennes par la création d’obligations européennes pour les pays endettés qui auraient fait appel au fonds de sauvetage. L’Allemagne doit accepter, pour éviter d’accroître la défiance des marchés, que l’activation du mécanisme de sauvetage soit, à des conditions précises, mécanique et non négociable à chaque fois, comme c’est le cas maintenant ;
  3. la mise en œuvre d’un emprunt pour financer une grande politique publique européenne de croissance, de création d’emplois et de recherche-innovation, ce qui suppose une réforme des statuts de la BCE ;
  4. une harmonisation fiscale de la zone euro soutenue par un renforcement des fonds de cohésion pour les pays en difficulté.

Ces mesures auraient un prodigieux effet d’entraînement ; elles feraient réfléchir les investisseurs ; elles créeraient un choc psychologique salvateur pour mobiliser les peuples européens. En réalité, le choix est simple :

  • ou bien l’Europe sortira de cette crise renforcée et capable d’affronter la nouvelle géopolitique de l’économie mondiale en opposant aux marchés un intérêt général européen basé sur des stratégies coopératives entre les nations européennes ;
  • ou bien, embourbée dans ses égoïsmes nationaux, elle finira par éclater en flammèches mourantes. Elle aura alors mérité son sort.


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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 14:23

La France est-elle finie ?



Autour du livre

La France est-elle finie ?

Le nouveau livre de Jean-Pierre Chevènement, sortie le 5 janvier 2011
(Editions Fayard, 320 pages, 19 euros, ISBN 221365445X)



Présentation du livre

La France va-t-elle se résigner à sortir définitivement de l’Histoire pour devenir un simple parc d’attractions, à l’extrémité occidentale d’une Europe elle-même marginalisée? Ou bien trouvera-t-elle la force de redevenir la nation de citoyens dont elle a fourni le modèle, pour offrir un avenir à sa jeunesse et continuer son histoire ?

Dans ce livre décapant, Jean-Pierre Chevènement éclaire le chemin par lequel nous en sommes arrivés là. Au moment où la monnaie unique, créée il y a vingt ans à Maastricht, prend l’eau, il montre comment le «pari pascalien» de François Mitterrand sur un au- delà des nations appelé «Europe» n’a pas seulement recouvert le ralliement de la gauche française au néo- libéralisme, mais s’enracine dans un doute plus ancien de nos élites sur la France.

Méditation sur le destin de notre pays entre de Gaulle et Mitterrand, il rend enfin lisible, dans toute sa cohérence, l’histoire de notre dernier siècle. Il fournit ainsi les clés qui peuvent permettre un retour de la France du XXIe siècle au premier rang des nations.

Jean-Pierre Chevènement est l’un des artisans décisifs du Congrès d’Épinay (1971) qui a refondé le Parti socialiste, il est l’auteur des programmes de ce parti en 1972 et 1979 et l’un des négociateurs du Programme commun de la gauche (1972). Plusieurs fois ministre de 1981 à 2000 (Recherche, Industrie, Éducation nationale, Défense, Intérieur), il défend depuis longtemps l’idée d’une « autre politique ». Président d’honneur du MRC, sénateur du Territoire de Belfort, il est aussi vice-président de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat.

Plan détaillé

Introduction

I – 1971-1983 : La gauche perd la bataille qu’elle n’a pas livrée
Épinay, contradiction motrice
Passer à travers les gouttes
Une victoire à contre-courant
Une « alliance en fer » pour démontrer l’inanité d’une « autre politique »

II – 1983-1989 : Bruxelles-Paris : le chemin le plus court pour la normalisation libérale
Trois cents directives pour déréglementer
L’Europe et la vie des saints

III – 1989-1995 : Le pari pascalien de François Mitterrand
L’Europe est aux nations ce que l’infini est au fini
La question allemande
Enlever à l’Allemagne son mark
« La France ne peut pas s’isoler »
La chute du mur et le forcing de Helmut Kohl
Le marché Mitterrand-Kohl
« Ou vous changez d’attitude, ou vous abandonnez la politique ! »

IV – 1916-1992 : Aux racines du « pari pascalien » de François Mitterrand
Archéologie de la « vision » mitterrandienne
Mesure de la France
Le tragique isolement de notre pays dans les années trente
L’énigme de la dissolution en cinq semaines de l’armée français
« Vaincre notre histoire » ou « passer le témoin » ?

V – 1990-2008 : Le triomphe de l’inégalité
De la mondialisation heureuse à l’ubris
Un monde darwinien
Moutons
Retour à Marx… et à la Belle Époque

VI – 1990-2010 : Le retour de l’Allemagne
L’Allemagne impose benoîtement ses choix : les contours de l’Europe
L’ordre économique et monétaire
L’ordre institutionnel
Une stratégie mercantiliste
Une nation « redevenue normale »
Le déclin du courant fédéraliste et l’adoption du modèle républicain civique

VII – 2008 et sq. : La crise du néolibéralisme
Responsabilités de la finance américaine
La fable d’une « crise morale »
La crise du capitalisme anglo-saxon
L’épuisement d’un modèle

VIII – 2010 et sq. : La crise de la monnaie unique
Une zone monétaire loin d’être optimale
Le vice de conception initial de l’euro
La crise grecque, répétition générale des crises à venir
L’euro sous tutelle américaine
Il y a quelque chose de pourri au royaume de l’euro
Changer les règles du jeu de l’euro
À défaut, un plan B

IX – 1983-2010 : La gauche piégée
Une confusion délibérément entretenue
Pour quelques miettes de croissance de plus
On ne modifie que très difficilement le génome d’un grand parti
Le piège néolibéral
Le piège européiste
Eût-il été possible, pour ne pas en arriver là, de faire autrement ?
Le temps des petites ambitions et des seconds couteaux

X – 1940-2040 : Finis Franciae ?
La déconstruction de la France
L’histoire de la France, un immense échec ?
La France exécutrice testamentaire des idées de la Révolution
La nécessaire estime de soi

XI – 2010-2040 : France-Allemagne : sortir de l’Histoire ou la continuer ensemble ?
L’Histoire, une option écartée ?
Le ralliement à la « culture des vainqueurs » n’ouvre pas la voie à une « Europe européenne »
Une comparaison déséquilibrée des deux « après-guerres »
Napoléon facile bouc émissaire de la « catastrophe »
L’impasse faite par l’Allemagne sur sa défense
La clé de l’« Europe européenne »
Vers une recomposition de la gauche allemande ?
Ensemble continuer l’Histoire

XII – La gauche, la droite et la République du XXIe siècle
Le clivage droite/gauche, un legs de la Révolution française
Ce qui reste du socialisme : une méthode
Les « trous noirs » de la pensée socialiste
Le mythe de la refondation à zéro : tradition et révolution
Au-dessus de la droite, et de la gauche telles qu’elles sont devenues, la République Faire fond sur la France pour redresser l’Europe
L’impasse du fédéralisme : quand les socialistes font voler les coquecigrues
La gauche doit se mettre à la hauteur du défi
Critiquer Nicolas Sarkozy non sur sa personne, mais sur son projet
Se réapproprier les valeurs de transmission
La gauche doit rencontrer la République… et la France

XIII – Le grand pari sur la France au XXIe siècle : faire vivre le modèle républicain
D’abord se comprendre soi-même
Promouvoir et faire vivre le modèle républicain dans le monde
Retrouver le sens de la durée
Rompre avec la dictature de l’instant
Dépasser l’horizon des marchés
Changer les règles du jeu
Deux projets républicains : la politique industrielle
Autre priorité majeure
L’Éducation et la Recherche
La machine éducative enrayée : le « quartile réfractaire »
L’« effet maître »
Prendre une vue « systémique » des choses
À l’articulation du lycée et de l’enseignement supérieur
Résorber les fractures de notre système d’enseignement supérieur et de recherche
L’idéal de l’homme libre
L’École au cœur du modèle républicain civique

XIV – Le grand pari sur la France au XXIe siècle : organiser la « résilience » de l’Europe
Réapprendre à penser en trois dimensions
Deux changements majeurs
La « République européenne des peuples » : un nouveau mode d’emploi des institutions européennes
Intérêt général européen et projet(s) partagé(s)
La Russie
La Méditerranée et l’Afrique
Nouer une relation politique avec les pays émergents
Une France libre, condition d’une Europe résiliente
Y a-t-il une alternative au couple franco-allemand ?

Conclusion




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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 12:40



La chienlit...
En Seine Saint-Denis, des policiers ont été jugés et condamnés pour avoir menti et accusé un innocent. Leurs pairs ont manifesté. Soit. En tenue, et avec leurs véhicules de service... C'est une faute, mais elle est pardonnable.

Il n'est ni inintéressant, ni illégitime de débattre de la justice, de l'idéologie victimaire de certains magistrats, des difficultés réelles de forces de police qui font un travail aussi nécessaire qu'ingrat.

En revanche, jamais, jamais, on n'aurait imaginé, il y a encore dix ans, qu'un Ministre de l'Intérieur se permettrait de fouler au pied l'autorité de la chose jugée, et de remettre ouvertement en cause une décision de justice rendue au nom du peuple français...

Nouvel exemple de l'ère post-républicaine dans laquelle vit la France. En d'autres termes, cette fois, c'est vraiment la "chienlit"...


Samedi 11 Décembre 2010
Patrick TRANNOY
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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 20:55

Les Etats capitulent, les gouvernements seront châtiés

 

L’Europe et le Fonds Monétaire International ont choisi d’aider les banques qui sévissent en Irlande. C’est une décision logique, compte tenu de la solidarité qui les unit au capitalisme financier, porté principalement par les établissements bancaires. Mais, comme c’est le cas en Irlande, les gouvernements en place vont le payer cher. Le Parlement irlandais sera dissous en janvier. Les peuples auront le dernier mot.

 

Revue de presse

 

Irlande : le plan d'aide fragilisé par la crise politique intérieure(Les Echos, 22 novembre).

Le plan international de soutien financier à l'Irlande soulève un tollé général dans l'île.  Le gouvernement est accusé de capitulation.

Les contribuables européens vont payer pour sauver les banques irlandaises (Jean Quatremer, 21 novembre). Extrait. 

Cette aide européenne sera donc bien une aide aux banques irlandaises. Ce qui pose un vrai problème moral : est-ce aux citoyens européens de voler au secours d’un gouvernement totalement responsable de la faillite de son secteur bancaire et qui a fait le choix de le sauver quoi qu’il en coûte ? Certes, il s’agit d’un prêt, mais tant qu’il ne sera pas remboursé, il y aura un risque pour l’ensemble des contribuables de la zone euro. Ne pas faire payer les banques et leurs actionnaires, en restructurant la dette bancaire irlandaise, est pour le moins choquant, quel que soit le risque systémique. Offrir aux marchés (et donc notamment aux banques de l'Union) les bretelles ET la ceinture qu’ils exigent, c’est leur offrir une victoire en rase campagne. Et c’est signer la capitulation du politique.

Michel Aglietta* : « L'Europe doit se doter d'un mécanisme de mise en faillite d’un Etat (Catherine Chatignoux, Les Echos, 21 septembre 2010)

L'économiste (L'Economie mondiale 2011, CEPII, Editions La Découverte) estime que le risque bancaire systémique, qui a été au centre de la crise financière, n'est pas traité par les règles du comité de Bâle III (voir Bâle III ou les premiers pas d'une vraie régulation des banques).

Pensez vous que le risque de défaut d'Etats européens subsiste ?

Le risque existe que les pays qui ont adopté des remèdes de cheval, l'Irlande, l'Espagne et la Grèce, en particulier, se retrouvent en 2011 ou au delà en situation d'insolvabilité. Ce serait le cas s'il l'Europe retombait en récession ou s'installait dans la déflation. C'est pourquoi je pense qu'il aurait fallu que l'Europe se donne les moyens de gérer de façon ordonnée une faillite partielle d'un Etat. Il eût été à mon sens plus judicieux de rassembler les créanciers autour d'une table, décider du montant de dette abandonnée, rééchelonner l'autre partie, et émettre des titres garantis par l'Union européenne pour que le pays puisse revenir le plus tôt possible sur le marché des capitaux. Nous connaissions, dès octobre 2009 l'état des finances grecques. Mais il n'est pas trop tard : les Européens doivent mettre en place un plan contingent au cas où de nouveaux chocs viendraient à affaiblir des pays européens déjà fragiles.

Diriez vous que la gestion de la crise grecque a été faite au profit des banques ?

Indiscutablement. L'idée a été de faire en sorte que les banques n'aient aucune perte.

 

Austérité : l'Europe à contresens (Michel Aglietta et Lionel Jospin, Le Monde, 22 novembre)

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 20:34

J-P Chevènement aurait-il pu résoudre la crise ?

Elie Arié - Tribune | Dimanche 21 Novembre 2010 à 17:01 | Lu 2720 fois


Les conséquences actuelles de la crise économique semblaient imprévisibles. Pourtant dès 2002, Jean-Pierre Chevènement, alors candidat pour la Présidentielle, reprenait tous les thèmes désormais débattus dans son programme.



Refaire, après coup, l’ Histoire est un exercice aussi vain qu’instructif.

Il est intéressant de comparer les thèmes essentiels de la campagne présidentielle de Chevènement de 2002 avec les évènements que nous vivons aujourd’hui : quels étaient ces thèmes ?

1-    L’ Euro, monnaie unique, est une erreur : une monnaie commune aurait suffi.

Comme le dit Van Rampouy lui-même, nous sommes peut-être à la veille de l’explosion et de l’effondrement de l’ Euro ; les différents Etats qui l’ont adopté passent leur temps à emprunter des sommes colossales pour sauver l’économie de la Grèce hier, de l’ Irlande aujourd’hui, de l’ Espagne et du Portugal demain, sommes dont le remboursement est plus qu’aléatoire pour des résultats qui le sont tout autant, en se faisant aider par le FMI et perdant ainsi leur indépendance dont l’ Euro devait être le fondement ; ainsi, l’ Euro, présenté comme un pilier de la future croissance, n’est plus qu’une machine à se ruiner.

2-    Les critères de stabilité du pacte de Maastricht sont artificiels.

Ils prévoyaient des sanctions financières contre les pays dont le déficit dépasserait 3% de leur PIB ; aujourd’hui, celui de l’ Irlande est de...32%, et, en guise de sanctions, elle aura droit à des prêts qu’elle ne pourra peut-être jamais rembourser, c’est-à-dire à des dons ; en plus, comme elle n’entend pas renoncer à sa fiscalité très avantageuse pour les entreprises, nous la finançons pour qu’elle continue à nous pomper des emplois : sympa, non ?

3-    Plutôt que la recherche obsessionnelle de l’équilibre budgétaire, la BCE, à l’image de la FED américaine, devrait avoir comme objectif la croissance et l’emploi.

La Chine base en grande partie sa croissance sur la sous-évaluation du yuan, dont le gouvernement fixe la valeur comme il l’entend; les Etats-Unis  relancent leur croissance en faisant tourner la planche à billets et en injectant des centaines de milliards de dollars dans l’économie ; seule, l’Europe se prive de la possibilité d’agir, en fonction de ses intérêts, sur sa monnaie, dont la valeur n’est fixée que par le marché : dans cette compétition économique sans merci qu’est la mondialisation, où elle partait avec le handicap de devoir financer le meilleur système de protection sociale au monde, elle a choisi de s’attacher un boulet au pied au départ de la course.

4-    La politique économique européenne retire toute marge de manœuvre aux partis politiques.

Depuis bientôt 3 ans, l’opposition (le PS) cherche désespérément à mettre sur pied un programme crédible se démarquant de celui du pouvoir ; cette impuissance n’est pas le fait des limites intellectuelles de ses leaders, elle est la conséquence inéluctable des règles communes dans lesquelles l’ UMPS s’est enfermé.

5-     Au 2 ème tour de la présidentielle de 2002, un candidat souverainiste pouvait se glisser entre le bonnet blanc Chirac et le blanc bonnet Jospin.

Ce fut le cas, mais ce ne fut pas le bon : l’électorat populaire, première victime de la mondialisation, a choisi Le Pen, au souverainisme simpliste et xénophobe, l’analyse élaborée de Chevènement paraissant trop abstraite dans la conjoncture de l’avant-crise économique de 2008.

On pourra toujours rêver à ce qu’aurait été le résultat de cette présidentielle si cette crise économique s’était produite avant ; mais, en politique, c’est souvent un tort que d’avoir raison trop tôt, et l’ Histoire ne repasse pas les plats : nous devons maintenant boire le calice jusqu’à la lie.
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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 14:10

Phrygien.jpgIl y a une semaine, pour la deuxième fois de son mandat, N. Sarkozy était recu au Vatican.

Il a reçu un accueil chaleureux de Benoît XVI, qui a évoqué "l'âme catholique de la France" avant de le recevoir en tête-à-tête pendant une demi-heure dans sa bibliothèque. "Merci pour tout ce que vous faites pour la France et pour la chrétienté", aurait déclaré le pape à l'issue de cet entretien.

 

Le président à ensuite assisté à la "prière pour la France" prononcée par le cardinal français Jean-Louis Tauran dans la chapelle sainte Pétronille de la basilique Saint-Pierre. L’image du président se signant a été largement diffusé sur les chaînes nationales.

 

Jamais un président de la République n’était allé aussi loin dans la reconnaissance d’une Eglise, fut-elle celle qui organise la principale confession présente sur le territoire français. Chirac, catholique pratiquant, restait marqué du bon sens de la culture traditionnelle laïque française dans ses comportements. De Gaulle, lui aussi catholique très pratiquant, ne s’était jamais risqué avec les autorités pontificales romaines à un mélange de genre tel que celui auquel se livre l’actuel président. De Gaulle ne se signait pas en public parce qu’il incarnait la France dans toutes ses composantes et qu’il ne pouvait pas donner un signe ostentatoire d’adhésion à un credo. Il le faisait en privé.

 

Sarkozy, lui, s’exhibe ostensiblement.

Comment, avec de tels comportements, crédibiliser auprès des français se réclamant d’autres confessions que la catholique ou des agnostiques et des athées, la capacité de la République à incarner les valeurs de la laïcité ?

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 18:24

Sarkozy à la messe, un accroc de plus à la laïcité



Photo France Soir
Photo France Soir
Sarkozy est allé à Rome voir le Pape, pour se réconcilier avec lui après que Benoît XVI avait dénoncé, cet été, la stigmatisation des Roms par le gouvernement français. En somme, si l'on ose ce jeu de mots facile, Sarkozy est allé à Rome faire avaler la pilule "Roms"...

Soit. Personne n'est dupe, à commencer par nos concitoyens de confession catholique, de la manoeuvre électoraliste tentée en leur direction. Mais après tout, même si cette approche de marketing électoral à la sauce communautariste est consternante (et s'avèrera, sans doute, heureusement inefficace), il est difficile de reprocher à un chef d'Etat, le Président de la République française, d'aller en visiter un autre, le souverain des Etats pontificaux. On peut aussi admettre que le chef de l'Etat, même et a fortiori un Etat laïque, ait des conversations avec les représentants des différentes religions, à condition de ne pas subordonner l'orientation des politiques de l'Etat aux prescriptions ni même à l'influence de ces chefs religieux. Mais peut-être dans ce cas fallait-il rencontrer le Président de la conférence des évêques de France...

Quoi qu'il en soit, un aspect au moins de cette visite présidentielle me paraît indubitablement contraire au principe de laïcité : que le Président de la République assiste, et participe, à une messe, avec images de presse à l'appui. Si Nicolas Sarkozy, l'homme, veut aller à la messe et réciter le "Notre Père", c'est son droit. Il est censé se donner à sa fonction présidentielle, et incarner la France en public, mais, dans le secret de sa vie privée, il a le droit de rester un homme, avec sa liberté de conscience, sa liberté de croire ou de ne pas croire, et de pratiquer ou de ne pas pratiquer, la religion de son choix. Mais que le Président de la République, photographié, filmé, représentant manifestement la France, assiste et participe à une messe, voilà qui heurte, à l'évidence, le principe de laïcité.

Je m'étonne d'ailleurs que ceci ait été fort peu commenté. Pour ma part, ces images du Président de la République dans une église, participant à une une messe, faisant le signe de croix, et disant le "Notre Père", me choquent.


Lundi 11 Octobre 2010
Patrick TRANNOY
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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 13:38
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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 09:09

 


Communiqué de Georges SARRE
Ancien Ministre
Président du Conseil National du Mouvement Républicain & Citoyen



Brice fait (Horte)feu(x) de tout bois !
Prenons le parti d’en rire, car on s’étranglerait de consternation et de colère si l’on prenait au sérieux les récentes déclarations du Ministre de l’Intérieur sur les juges, la politique pénale et pénitentiaire.

Au concours du « qui va dire la plus grosse énormité » pour faire diversion face au fiasco de la politique économique et sociale du gouvernement, Brice Hortefeux veut absolument gagner le prix d’excellence de la Sarkozie.

Pan sur les Roms ! C’était en juillet-août.

Haro sur les Maires. Au même moment.

En septembre, on se paye les juges !

En octobre ? Tout est ouvert. Faites vos jeux (même en ligne, c’est désormais libéralisé !).

Le Ministre propose des jurys populaires pour juger les délits. Formidable, ça va tout régler ! Ces magistrats procéduriers, qui s’encombrent de contingences légales, doivent dégager le plancher (on n’ose écrire le parquet !). Brice Hortefeux, lui, ne s’encombre pas des lois (confer la circulaire sur les Roms et l’affaire du Monde !) ; prenez exemple, vous qui rendez la justice ! Mais on peut faire mieux encore. Plus direct et plus mâle : la loi du talion. Pourquoi Hortefeux n’y a-t-il pas pensé ? Tu voles, on te vole. Tu blesses, on te blesse. Tu tues, on te tue ! Sans barguigner !

Il veut supprimer les aménagements de peine ; c’est un slogan si facile : mettre encore plus de délinquants en prison ! Mais au fait, où, comment ? Dans les mêmes cellules déjà surchargées bien sûr ! Et avec moins de personnels pénitentiaires, d’insertion et de probation : ça va tout régler !

Que le Ministre UMP ne veuille pas réfléchir aux causes profondes de la délinquance, à l’atomisation de la société, à la violence qui naît des frustrations, aux carences d’une Ecole qu’on a sans cesse rendue moins républicaine, à la crise de la cohésion nationale dans la mondialisation et l’Europe intégrée, à la crise morale et de l’autorité dont nos élites sont les premières responsables, c’est logique. Qu’il gesticule faute d’agir, on finissait par être habitué. Qu’il franchisse, avec ses collègues, le « mur du çon », c’est désormais la règle.

Mais, non, manifestement, la petite bande de la Sarkozie n’a pas fini de nous surprendre… et de vouloir transformer la République en bouillie, hachée de plus en plus menu.
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Published by AB - dans MRC
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