La Fédération du Nord du MRC - Articles

la_libert_guidant_le_peupleAlors qu'Eric Besson lance son idée d'organiser dans tout le pays "un grand débat" sur l'identité nationale, voilà que le journal Le Parisien, Aujourd'hui en France sort un sondage sur la question. Et oh surprise on y apprend que les Français sont très attachés à langue française (80%), à la République (64%) au drapeau tricolore (63%), à la laïcité (61%), au services publics (60%), à "La Marseillaise" (50%-77% si on rajoute les 27% qui ont répondu "assez important"), l'accueil des immigrés (42%-73% avec "assez important").

Mais ne soyons pas dupe de la "feuille de route" de Mr Besson: l'UMP doit continuer de séduire l'électorat du Front National et semer le trouble à gauche à quelques mois des élections régionales. Le moment n'est pas vraiment le bon.

Nous avons toujours condidéré au MRC que la Nation était et reste le cadre et le coeur battant de la démocratie. Oui nous sommes des patriotes, des patriotes républicains. Car la Nation est le lieu où peut s'exercer la souveraineté du Peuple. Et il n'y a pas de liberté sans souveraineté. C'est aussi le lieu de la Fraternité et l'outil de l'internationalisme. "Un peu d'internationalisme éloigne de la patrie et beaucoup y raméne" disait Jaurès. Il s'agit bien du même mouvement. Le patriotisme, la Nation, ne sont pas la guerre, il ne faut pas le confondre avec le nationalisme qu'il faut combattre. Et Jaurès toujours lui, parlait de la nécessité d'organiser "les noces de la nation et de la classe ouvrière" pour que la République puisse être sociale. Pour nous l'identité nationale se confond avec la République et la citoyenneté.

Je n'oublie pas les soldats révolutionnaires de l'An II et leur cri "Vive la Nation", cri d'espérance, de courage, de foi en l'avenir, de liberté à venir et d'émancipation des peuples. Je n'oublie pas 1830 et sa révolte populaire, je n'oublie pas 1848 et le "Printemps des Peuples", je n'oublie pas 1870 Louise Michel et la Commune de Paris, je n'oublie pas 14-18, je n'oublie pas 1939-1945. Le 11 novembre 1940 où de jeunes lycéens parisiens vont saluer la tombe du soldat inconnu et se font fusiller par l'armée d'occupation. Je n'oublie pas la Résistance et ses dizaines de milliers de Martyrs dont beaucoup sont tombés en criant "Vive la France" ou en chantant "La Marseillaise" et d'autres encore "L'Internationale". Certes, ils n'étaient pas tous de gauche. Certains étaient de droite, voire d'extrème droite ou encore royalistes; mais les républicains, les hommes et les femmes de la gauche française et du monde du travail, communistes, socialistes, radicaux, syndicalistes, ont beaucoup donné. Et cette synthèse extraordinnaire, cette synthèse patriotique et républicaine est allée de Charles de Gaulle à Maurice Thorez. Ensemble, c'est à dire les gaullistes, les Démocrates Chrétiens du MRP et la gauche(PCF, SFIO, Radicaux) ils ont réussit à mettre sur pied le programme économique et social du Comité National de la Résistance que Nicolas Sorkozy et ses alliés veulent à tout prix détruire. Certes se fut difficile et plein de rapports de force, mais ce programme a propulsé la France pour les 30 ans qui suivirent.

Trop vite on a voulu croire que la nation et avec elle la République étaient des formes politiques dépassées. Obsolète comme on dit. Avec 1989 et la chute du Mur de Berlin, on a décrété la fin de l'histoire et le règne universel du capitalisme financier. Et bien non! La nation revient à grand pas, accompagnée dans son sillage par l'espérance d'un monde meilleur. La gauche a tout à gagner dans ce débat. C'est par là qu'elle renouera avec les plus belles pages de son histoire et donc avec son avenir. C'est par là qu'elle renouera avec le peuple. Cela passera pour des révisions difficiles pour certains et moins pour d'autres, mais c'est ainsi et c'est tant mieux. "Il faut reconquérir les symboles de la nation" dit Ségolène Royal dans la même édition du journal Le Parisien. Elle a raison, mais il faut aussi mettre en oeuvre les promesses qu'ils contiennent.

Parce que tout est lié. L'intervention de l'Etat dans l'économie; la démocratie dans le monde du travail; le rôle et la fonction d'un grand parti de gauche en France et ses liens avec le peuple; comment faire du peuple un levier pour la mise en oeuvre de nouvelles politiques qui se heurteront à des intérêts très puissants? Aucune politique alternative ne réussira si elle ne s'appuie pas sur un grand mouvement populaire. Alors, si c'est de cela dont veut parler Mr Besson, pas de problème, mais je ne pense pas que ce soit le but recherché.

Mis à jour ( Lundi, 02 Novembre 2009 10:03 )