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2 novembre 2006 4 02 /11 /novembre /2006 13:23
 
Ségolisme
 
Kaléidoscope que l’on se passe de main en main,
tel que chacun puisse donner la forme et la couleur qu’il préfère.
Par Didier Motchane, magistrat, fondateur du CERES,
Pour Libération.fr
 
LIBERATION.FR :
 
L’apparence d’une transparence ou la transparence d’une apparence ? Les deux ensembles, ma Ségolène.

Apparence d’une transparence : La mise en orbite dans la médiasphère de la candidature à la présidence de la République de Ségolène Royal a pris tout d’abord l’apparence du lancement d’un OVNI-objet visible non identifié. Plutôt une apparition d’ailleurs dans ce ciel médiatique qu’un lancement qu’aucune NASA ne s’était flattée d’avoir fait partir d’un cap CANAVERAL politique.  Il a suffi un jour de lever les yeux au ciel pour apercevoir Ségolène sur le seuil de l’Elysée, comme si elle avait été toujours là.

L’objet mis en circulation au-dessus de nos têtes ne pouvait instantanément qu’apparaître, miraculeux et banal : donc comme un gadget, et pourtant dés la seconde seconde, il aura été clair pour tout le monde qu’il n’en était pas un.Une femme tout d’abord, ce qui n’était pas tout, mais un peu plus bien sûr que la moitié de tout; et surtout, une cosmonaute qui, loin d’être revêtue d’un uniforme d’extra-terrestre ne cessait d’enfiler, sitôt quittée la tenue de jogging propre à l’atterrissage, celles du travail, de la famille ou de la patrie, selon les convenances du jour et de la nuit. Son élégance lisse dispose à se faire un jeu d’un engouement sans engagement dont on s’entiche comme on respirerait déjà la tiédeur printanière en automne.

Une femme intelligente ensuite, ce qui n’est pas seulement bienvenu, mais indispensable pour entretenir la conviction qu’elle n’est pas sourde-muette chez les journalistes dont la volière ne cessait de lui faire cortège de leurs roucoulements, bienveillants bien sûr parce qu’elle était leur scoop dont il s’agissait de prolonger ou de raviver l’écho.

Enfin, une femme intelligente qui ne pense point ! Parce que cette retenue est une recommandation du principe de précaution qu’il est indispensable de suivre : le plus grand prophète de ce principe, Lionel Jospin ne serait-il pas un rival ? Elle en a d’autres dans son propre parti et qui peuvent compter en son sein des soutiens militants dont l’ovni Ségolène doit emporter l’absence en faisant prévaloir sur leur préférence intime l’espérance d’une réussite électorale que sa popularité paraît promettre. Plutôt pour cela éviter de déplaire à un grand nombre que de plaire à quelques uns. Mieux vaut donc pour s’en assurer une pensée indiscernable, c’est-à-dire littéralement qu’on ne saurait cerner. Il faudra bien se contenter d’en pressentir ou d’en imaginer la présence, sans jamais pour ainsi dire la faire passer du virtuel au déterminé, de la puissance à l’acte.

Voici donc pourquoi le ségolisme s’efforce de fonctionner en quelque sorte comme une vitre en même temps qu’une vitrine : la foule des passants qui s’y mirent comme dans un miroir d’occasion peuvent y admirer leur propre image devenue l’accessoire des accessoires mis en valeur au fond du magasin. Apparence d’une transparence donc, mais aussi transparence d’une apparence : succession d’apparitions, le ségolisme est un kaléidoscope que l’on se passe de main en main, tel que chacun puisse donner à sa guise au chaos du hasard la forme et la couleur qu’il préfère.

On aurait cependant tort de croire au vide de la pensée politique des artisans de Ségolène sinon de celle de beaucoup de ses partisans. La propulsion de sa candidature doit son élan à la détermination de torpiller au départ celle de Fabius qui, quoiqu’étant probablement le candidat socialiste le moins mal placé pour survivre à un second tour, et donc gagner éventuellement l’élection, est aussi semble-t-il le moins bien placé dans son parti pour aborder le premier. Il est enfin sinon une pensée politique du moins une pensée sur la politique que Ségolène partage avec semble-t-il tous ses rivaux : la conviction que la communication, plus qu’un lien décisif est le lieu décisif, la matrice de la pensée. Vision d’un point de vue métaphysique, qui fait apparaître la vie comme un cortège d’apparitions.

Une telle manière de voir n’est évidemment pas particulière au ségolisme mais le sarkozysme par exemple, s’il est permis de baptiser de la sorte du nom de son champion putatif le camp adverse n’est pas en reste dans cette course d’hypnotisé-hypnotiseur comme le système semble en imposer la présence sur le devant de la scène politique. Et puisque le débat civique, d’une rive à l’autre de la politique tirant ses métaphores d’une double épuisette, marie toujours pourrait-on dire les mots du théâtre à ceux de la théologie, des images aux idées nous pouvons comprendre que celles-ci se fassent parfois précéder par celles-là. C’est ce qu’on appelle l’effet d’annonce et un péché qu’on absoudrait comme véniel, à la condition que l’Idée, et non pas cette carte de visite qu’on appelle l’idée générale  arrive en personne avant la fin. Cela s’appelle payer d’exemple(s).


http://www.liberation.fr/opinions/rebonds/election_presidentielle/209726.FR.php
© Libération

  repris par André Baup Mairie d'Albi 16, rue de l'Hôtel de Ville 81023 Albi cedex 9. andre.baup@free.fr

 


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Published by André BAUP - dans MRC
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