Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : André BAUP républicain de Gauche a la Mairie d'ALBI
  • André BAUP républicain de Gauche a la Mairie d'ALBI
  • : LE BLOG DU MOUVEMENT REPUBLICAIN ET CITOYEN DU TARN
  • Contact

Texte libre


                                         
  baup.andre@orange.fr                               
                                  

Archives

Articles Récents

18 juin 2006 7 18 /06 /juin /2006 10:19

Fédération Nationale de la Mémoire Vive de la Résistance

 
Anna Marly et la Marseillaise de la Résistance
 
 
Est-il possible d’écouter sans émotion le Chant des Partisans ?
 
Anna Marly, qui en composa la musique pour les paroles de Maurice Druon et de Joseph Kessel s’est éteinte il y a quelques mois, au debut de l’année 2006. Anna Bétoulinsky était née en 1917 à Saint-Pétersbourg et avait commencé en France une carrière artistique sous le nom, trouvé dans l’annuaire, de Marly. C’est en 1942, ayant rejoint De Gaulle à Londres un an plus tôt, qu’elle composa le Chant des Partisans.
 
Ce chant, parfois appelé “La Marseillaise de la Résistance”, fait partie du patrimoine culturel de la France, dont il illustre musicalement l’une des pages de l’Histoire les plus belles – et les plus tragiques. Alors que, comme le disait Malraux, la face de notre pays ressemblait au visage torturé de Jean Moulin, le Chant des Partisans insuffla à tous les soldats de l’ombre – jeunes et anonymes pour la plupart – qui se battaient pour le retour de la liberté, le sens de l’espoir et de l’unité du combat.
 
Cette République des catacombes avait alors une réalité –les exécutions d’otages, les rendez-vous furtifs sur un quai de métro, les journaux clandestins imprimés dans la hâte des nuits d’angoisse... A partir de 1943, avec le Chant des Partisans, elle avait un hymne. Celui-ci ne supplantait certes pas La Marseillaise, jetée à la face des pelotons d’exécution par les Résistants fusillés, mais il la complétait en la transposant littéralement au contexte de l’occupation.
 
Comme La Marseillaise, composée par Rouget de Lisle en 1792 pour l’Armée du Rhin, le Chant des Partisans est un chant guerrier. Tous deux naissent à un moment où la survie de la France est menacée et tous deux évoquent le “sang impur (qui) abreuve nos sillons”, et le “sang noir (séchant) au grand soleil sur les routes”. Comme La Marseillaise (“Français, en guerriers magnanimes / portez ou retenez vos coups / Epargnez ces tristes victimes / à regret s’armant contre nous”), le Chant des Partisans est un appel à la lutte fraternelle pour la liberté : “C’est nous qui brisons / les barreaux des prisons / pour nos frères”. Comme La Marseillaise (“S’ils tombent nos jeunes héros / la terre en produit de nouveaux / contre vous tout prêts à se battre”)  le Chant des Partisans magnifie la résistance du peuple :  “Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place...”
 
Si le Chant des Partisans n’a pas, dans la musique d’Anna Marly, la tonalité épique de La Marseillaise, il dégage à la fois la sourde douleur d’une marche funèbre et la douce mélodie d’un chant d’espoir. Sifflé dans les prisons, chanté à voix basse dans les aubes du Vercors, il témoigne de la chape de plomb qui s’était abattue sur la France occupée.

De cette composition,  Malraux disait, lors de la cérémonie du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon :
 
L'hommage d'aujourd'hui n'appelle que le chant qui va s'élever maintenant, ce Chant des Partisans que j'ai entendu murmurer comme un chant de complicité, puis psalmodier dans le brouillard des Vosges et les bois d'Alsace, mêlé au cri perdu des moutons des tabors, quand les bazookas de Corrèze avançaient à la rencontre des chars de Rundstedt lancés de nouveau contre Strasbourg. Écoute aujourd'hui, jeunesse de France, ce qui fut pour nous le Chant du Malheur. C'est la marche funèbre des cendres que voici. À côté de celles de Carnot avec les soldats de l'an II, de celles de Victor Hugo avec les Misérables, de celles de Jaurès veillées par la Justice, qu'elles reposent avec leur long cortège d'ombres défigurées…
 
A l’occasion du 18 juin 2006, souvenons-nous d’Anna Marly et, avec elle, de ceux à qui nos générations doivent la liberté.
 
                                                                     Gérard Teulière
 
--------------
En 1944, la liberté est venue de ceux qui ont l’ont aimée et qui ont aimé la France parfois jusqu’au suprême sacrifice : c’étaient nos parents, nos grands-parents, nos arrière-grands-parents. Ils savaient que leur devoir simple et sacré était de faire vivre la République et de continuer la France. Aujourd’hui, la Fédération Nationale de la Mémoire Vive de la Résistance rassemble des femmes et des hommes de tous âges et a pour mission de perpétuer l’esprit de la Résistance par des actions à caractère culturel et pédagogique. -- Contact: gteuliere@yahoo.fr (délégué pour l’étranger).

Publié par André Baup Mairie Albi
 
 
 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by André BAUP - dans HUMEURS D'EN FRANCE
commenter cet article

commentaires

Eric PASTYKA 19/06/2006 08:53

Cher André,
Ci-dessus le billet que j'ai écrit sur mon blog. En cliquant sur la note, on peut écouter le chant.
http://www.eric-pastyka.com/article-1888324.html
Cordialement,
Eric